Là où l’islam radical progresse, les droits des femmes régressent

Au sein de l’islam, il y a de multiples positions : des plus libérales et progressistes aux plus politiques et radicales.

Dire NON à l’initiative contre la dissimulation du visage, c’est favoriser l’essor de l’islam politique et radical qui profite des faiblesses de notre système démocratique pour progresser voilé et à petits pas.

Dire OUI à l’initiative contre la dissimulation du visage, malgré ses évidentes faiblesses, c’est favoriser l’essor de l’islam progressiste et libéral qui accepte pleinement notre système démocratique, sans chercher à l’infiltrer ou à le subvertir.

La diversité des islams

Comme j’ai pu le montrer dans mon livre, L’islam conquérant, il y a une grande diversité de pratiques musulmanes. Des plus libérales aux plus radicales.

L’islam libéral et progressiste limite la pratique religieuse à une vie spirituelle et communautaire qui respecte pleinement les droits humains fondamentaux de nos démocraties. C’est avec cet islam qu’il est possible de créer un vivre ensemble qui soit paisible pour tous.

L’islam politique et radical (i.e. qui revient aux racines, à savoir le Coran, les hadîths -ou propos de Mohammed- et le droit islamique) cherche à promouvoir la Charia (i.e. la Loi islamique). Il profite des conceptions molles de « liberté », de « féminisme» et de « système démocratique » pour faire avancer le droit islamique. Dans un premier temps, il avance caché derrière une « Charia de minorité » qui respecte les droits humains fondamentaux. Puis, dans un second temps, il applique une « Charia de majorité » qui déploie, à visage découvert, sa vraie identité.

Dans un débat avec Mme Cyrielle Huguenot, responsable du droit des femmes à Amnesty International, j’ai pu aborder rapidement ces thèmes. A mon avis, beaucoup de féministes, de socialistes, d’écologistes et de libéraux défendent une conception molle de la liberté qui, à moyen terme, sera très défavorable aux femmes. Heureusement que des personnalités comme Elisabeth Badinter voient clair et osent le dire (cf. son intervention dans La grande librairie, France 5, le 11 novembre 2020).

« La République a plié le genou… Il est tard…

Ce qui ne va pas, c’est l’islamisme radical… »

Elisabeth Badinter

La diversité des islams radicaux

L’islam radical est très divers.

Voici un tableau éclairant qui résume bien cette diversité. En cliquant ici et sur les différents courants du tableau, vous découvrirez cette grande diversité…

Un point commun qui lie cette diversité, c’est le primat de la Loi islamique sur les lois démocratiques. Ce qui les différencie, ce sont les modalités pour y parvenir. Pour les uns, ce sera la violence et la terreur. Pour d’autres, ce sera l’infiltration et la subversion.

Lois démocratiques et lois coraniques

Comme l’a déjà dit en 2002 Y. Qaradâwî, un des maîtres à penser des Frères musulmans :

« Par vos lois démocratiques, nous vous coloniserons,
par nos lois coraniques, nous vous dominerons. »

Cette parole devrait être apprise par coeur par tous les citoyens, tous les journalistes, tous les politiciens, tous les responsables d’Eglise… Non pas que tous les musulmans le pensent! Bien au contraire! Les musulmans progressistes combattent cette perspective! Mais parce que tous les musulmans radicaux savent que c’est un des outils privilégiés de leur extension.

Une autre parole célèbre est celle d’un haut responsable des Frères musulmans en France:

« Notre mouvement est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique ».[1]

En Suisse, le président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse, M. Montassar BenMrad, est proche des Frères musulmans. Il est contre cette initiative. La présidente du Forum pour un islam progressiste, Mme Saïda Keller-Messahli est pour cette initiative. Et la défend avec courage, malgré tous les coups reçus.

Libertés et interdictions pour les femmes dans l’islam radical

Les mouvements de gauche (qui défendent les minorités) et les mouvements de droite (qui défendent les libertés) croient défendre les droits des femmes. Par leur ignorance ou leur complaisance, ils favorisent un islam radical qui restreint les libertés fondamentales des femmes. 

En résumé, voici ce que cet islam radical promeut :

  1. Une femme musulmane est libre d’épouser un musulman.
    Il lui est interdit d’épouser un non-musulman (à moins qu’il ne se convertisse à l’islam)[2].
  2. Une femme non musulmane (juive ou chrétienne) est libre d’épouser un musulman.
    Il lui est interdit de transmettre une autre foi que l’islam à ses enfants[3].
  3. Une femme musulmane est libre d’être sans voile dans sa maison.
    Il lui est interdit d’être dévoilée en dehors de sa maison[4] (tout son corps à part son visage étant une tentation diabolique pour les hommes)[5].
  4. Une femme musulmane est libre de profiter de la bonté de son mari.
    Il lui est interdit de ne pas se faire battre[6]et de se refuser sexuellement à lui, chaque fois qu’il l’exige[7].
  5. Une femme musulmane est libre de vivre avec un seul mari.
    Il lui est interdit de refuser que d’autres épouses musulmanes vivent avec son mari[8].
  6. Une femme non musulmane est libre de se convertir à l’islam.
    Il lui est interdit (comme à tout musulman) de quitter l’islam sous peine de mort (sociale ou physique)[9].

Au-delà de l’initiative

Cette initiative est problématique (par son origine et ses amalgames) et ne résout pas les problèmes de fond. Ceux-ci devront être abordés de front, quels que soient les résultats des votations.

Dire NON à cette initiative, c’est favoriser l’essor sans limites de l’islam politique et radical. Là où cet islam progresse, les droits des femmes régressent[10].

Dire OUI à cette initiative, c’est favoriser un islam progressiste. C’est aussi et surtout dire NON aux interdictions islamiques faites aux femmes, même si elles choisissent librement ces humiliations et ces dominations.

Au-delà des résultats de cette initiative, quels qu’ils soient, il sera important de se souvenir de ces enjeux. Et, surtout, de réellement défendre les véritables libertés des femmes.


[1] La grande majorité des politiciens, des journalistes et des responsables d’Église ou d’ONG ne semble pas croire à cette stratégie de conquête et d’infiltration. Sylvain Besson (ancien journaliste au Temps), La conquête de l’Occident. Le projet secret des islamistes, (Paris, Seuil, 2005) et Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi, Le projet. La stratégie d’infiltration des Frères musulmans en France et dans le monde, (Paris, L’Artilleur, 2019), parmi bien d’autres, ont pourtant très bien analysé ce phénomène et ont cherché à alerter le grand public.

[2] Coran 2/221. Cf. cet article.

[3] Les enfants d’un père musulman sont forcément musulmans et doivent être enseignés uniquement dans cette religion. « Ordonnez à vos enfants de faire la prière lorsqu’ils atteignent leur septième année ; et contraignez-les à la faire lorsqu’ils atteignent l’âge de dix ans » (hadîth de Mohammed relaté par Abou Daoud). Cf. cet article.

[4] « Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener un pan de leurs voiles (jalabib) sur elles. C’est le meilleur moyen pour elles de se faire connaître et d’éviter ainsi d’être offensées. Dieu est Plein d’indulgence et de compassion. » (Coran 33/59)

[5] Jabir a rapporté que le Messager d’Allah a vu une femme, et qu’il est donc venu auprès de son épouse, Zainab, alors qu’elle tannait du cuir et qu’il a eu des rapports sexuels avec elle. Il est ensuite allé voir ses compagnons et leur a dit: « La femme s’avance et se retire sous la forme du diable, donc quand l’un d’entre vous voit une femme, il doit venir vers son épouse, car cela repoussera ce qu’il ressent dans son cœur » (hadîth relaté par Muslim). « En France, dans certaines banlieues, les jeunes musulmanes sont sommées de choisir entre « le voile ou le viol ». Si nous abdiquons sur la question du voile, c’est le parti de l’oppression que nous choisissons » (Djemila Benhabib, Ma vie à contre-Coran, Paris, H&O Poche, 2009, p.89).

[6] « Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ; reléguez les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle si elles vous obéissent. Dieu est élevé et grand » (Coran 4/34).

[7] « Par celui dont mon âme est entre ses mains, il n’y a pas d’homme qui appelle sa femme pour venir partager le lit conjugal, et qu’elle refuse, sans que celui qui est au ciel (Dieu) ne soit courroucé contre elle jusqu’à ce qu’elle satisfasse son mari» (hadîth rapporté par Boukhârî et Muslim).

[8] Sourate 4/3 et 129. Cf. cet article. Selon La Croix, en France, 125’000 femmes seraient concernées par la polygamie.

[9] « Celui qui change de religion, tuez-le. » (hadîth rapporté par plusieurs auteurs). La mise à mort de l’apostat est confirmée par le Code pénal arabe unifié adopté à l’unanimité par le Conseil des ministres arabes de la justice en 1996. « Article 162 — L’apostat est le musulman, homme ou femme, qui abandonne la religion islamique par une parole explicite ou un fait dont le sens est indiscutable, insulte Dieu, ses apôtres ou la religion musulmane, ou falsifie sciemment le Coran. Article 163 — L’apostat est puni de la peine de mort s’il est prouvé qu’il a apostasié volontairement et s’y maintient après avoir été invité à se repentir dans un délai de trois jours. »

[10] Ghassan Ascha, Du statut inférieur de la femme en islam, Paris, L’Harmattan, 2014.

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