Les trois Noëls de l’histoire

Que c’est beau Noël ! Que c’est douloureux aussi…

Beau, car c’est un magnifique temps de fête ! En famille, avec des amis. Un temps d’abondance et de cadeaux. Un temps où l’on se permet de rêver…

Noël, c’est douloureux aussi. Car pour beaucoup, c’est un temps de solitude plus aiguë où l’on se souvient d’un être cher qui n’est plus, où la joie des autres fait surgir avec plus d’intensité sa propre tristesse, où les excès de table des uns contraste avec la faim insupportable des autres. Noël, un temps où le cauchemar continue…

Faut-il cesser alors de fêter Noël ? Loin de là ! Tous nous avons besoin de temps festifs. Or comme Noël veut dire naissance, et qu’aucune naissance ne se vit sans douleur, fêter Noël, ce n’est pas fuir la douleur, mais inscrire, au cœur et au-delà de celle-ci, une vraie fête.

Mais pour vraiment fêter Noël, il est utile de savoir que, selon la tradition chrétienne, il n’y a pas qu’un seul Noël, mais… trois !

Le premier Noël, c’est lorsque Jésus est né dans l’histoire humaine. Et cette naissance constitue le grand bouleversement de toutes nos images de Dieu. L’immensément Grand, le Créateur des myriades d’étoiles, accepte en Jésus et par Marie de se faire embryon, puis nouveau-né. Comme disait St François d’Assise « Deus semper minor », Dieu toujours plus petit. A la différence de la tradition musulmane, les chrétiens confessent un Dieu dont la grandeur s’exprime aussi dans la fragilité humaine. Certes, cette relative faiblesse de Dieu laisse libre cours à toutes les violences humaines. Le premier Noël déjà fut ensanglanté par la mort des premiers-nés à Bethléem. Deux mille ans plus tard, dans cette même ville, la violence continue de meurtrir…

Or ce premier Noël de l’histoire, ce n’est pas toute l’histoire. Les chrétiens, comme d’ailleurs les musulmans, attendent le deuxième Noël, celui qui célèbre le retour visible de Jésus à la fin de l’histoire. Dieu est venu en cachette, c’est le premier Noël. Dieu vient au grand Jour, c’est le dernier. En attendant, comme l’a dit l’apôtre Paul « la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement » (Romains 8/22).

Ces deux Noëls, disent les chrétiens, ne prennent tout leur sens que si se vit le troisième Noël, aujourd’hui le plus important. Luther a dit « A quoi servirait-il que Christ naisse mille fois sur la terre s’il ne naît une fois dans mon cœur ? » Fêter Noël, ce n’est pas avant tout regarder une belle crèche. C’est la devenir soi-même. Fêter Noël, c’est laisser le Christ transformer de l’intérieur notre façon de regarder, de parler, de penser, de vivre et de mourir.

Il y a le premier Noël lorsque Jésus est né dans l’histoire. Dieu toujours plus petit. C’est la foi.

Il y aura le dernier Noël lorsque le Christ revient à la fin de l’histoire. Dieu toujours plus en avant. C’est l’espérance.

Et il y a le Noël d’aujourd’hui lorsque Jésus naît dans mon histoire, dans notre histoire. Dieu toujours plus en nous. C’est l’amour.

Que l’on soit croyant ou non, Noël est là pour nous rappeler que malgré la brutalité humaine, la beauté est aussi cachée dans le monde, que malgré l’usure de nos relations, le plus beau est encore à venir et que malgré la laideur qui se niche en chacun de nous, la beauté peut s’y épanouir.

Joyeux Noël(s) !

Shafique Keshavjee

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